Le Bouddhisme
Les origines
Le Bouddhisme tient son origine et l'essentiel de sa doctrine d'un
prince indien vivant au VIème siècle avant J.C.
Siddhârta Gautama fils d'un souverain de la tribu des Sâkyas
naît vers 556 avant notre ère à Kapilavastu au Népal
au lieu dit Lumbini. Ce prince aussi appelé Sakyamuni (Sage des
Sakyas).
Sa vie est connue par des récits plus ou moins
légendaires: Enfant comblé par un père attentif à
ne lui faire connaître que les bons côtés de la vie, il se
marie à 19 ans mais s'échappant de son palais, il se retrouve
face au spectacle de la maladie, de la vieillesse et de la mort. Pris de
compassion pour la souffrance humaine, il renonce au trône et part seul
sur les chemins en quête de la vérité.
Après un parcours passant par la science brahmanique, le yoga et
l'ascétisme le plus rigoureux qui ne lui apporte pas de réponse,
il se plonge alors dans une profonde méditation au pied d'un figuier et
obtient l'Eveil à l'âge de 35 ans. Il devient Bouddha:
Illuminé.
Tête du Bouddha couché du Wat Po à Bangkok. |
Il découvre les "4 Nobles ou Saintes Vérités" qui
répondent aux 4 questions primordiales :
- Qu'est ce que la
souffrance ?
- Quelle est l'origine de la souffrance ?
- Qu'est ce que
la cessation de la souffrance ?
- Quelle est la voie pour faire cesser la
souffrance ?
Il commence alors à prêcher la
vérité. Son premier sermon "Discours sur la mise en mouvement de
la roue du Dharma" eut lieu dans un bois près de la ville de
Bénarès. Des disciples accourent, une communauté
(Sangha) se crée faite d'hommes qui suivent la voie tracée
par le maître, et propagent son enseignement. Au terme de plus de 40 ans
de pérégrinations, Bouddha épuisé parvient à
Kushinagara, il se couche, médite et meurt.
Mort du Bouddha entouré de ses disciples. |
Les textes
Gautama n'a laissé aucun manuscrit, son enseignement fut divulgué oralement par ses disciples. Les premiers textes écrits datent de l'époque de l'Empereur Ashoka (-272,-232) soit 200 ans après la mort de Gautama. Ses doctrines prônent le renoncement, la compassion infinie envers tous les êtres et l'oubli de soi.
Inscription des édits d'Ashoka sur pilier de grès rose dans la région de Bénarès. |
Le canon des écritures bouddhiques est composé de trois
"corbeilles" (Tripitaka) en langue pali.
- Les Sûtras qui sont
les paroles du Bouddha, des entretiens à bâtons rompus.
Ce
sont des textes qui se composent de multiples récits, chacun formant un
tout autonome. Ils se divisent en cinq parties.
1) Le
Dîghanikâya
On y explique ce qu'est la recherche
Bouddhique. On expose les disciplines qui permettent de maîtriser les
différents arts et métiers en les condamnant fermement car
l'illumination n'attache aucune importance à ces connaissances. La vraie
connaissance étant celle des sensations et des sentiments depuis leur
origine jusqu'à leur disparition. Cette partie se veut convaincante,
moralisatrice et doctrinale.
2) Le Majjhimanikâya
Cette
partie est composée de discours du Bouddha. Il s'agit pour la plupart du
temps d'incantations où les mêmes phrases sont sans cesse
répétées pour faire pénétrer l'idée
exprimée. Les sujets abordés sont très divers.
3)
Le Samyuttanikâya
C'est dans ce recueil que l'on retrouve le
premier discours du Bouddha, le serment de Bénarès sur la roue de
la loi, qui donne les bases du Bouddhisme.
4) L'Anguttaranikâya
C'est un recueil qui essaie de systématiser la doctrine
notamment avec une abondante classification.
5) Le
Khuddakanikâya
Il réunit des textes qui sont comme une
illustration des Sûtras et se compose de quinze recueils très
différents.
Un extrait du manuscrit sur feuille de palme du "Sûtra du tailleur de diamant de la sagesse suprême" du XIème siècle. Au centre la Bouddha prêche son sermon. |
- Le Vinaya où corbeille de la discipline concerne la vie monastique et tout ce qui s'attache à l'observance de la règle. Ce texte est composé de récits critiquant les mauvais moines qui portent tous les vices en eux. Il énumère les deux cents vingt sept fautes condamnées par le Bouddha. Il donne également les quatre vingt dix pénitences attachées à certaines fautes comme le mensonge, l'injure La deuxième partie de ce texte est consacré aux nonnes et se montre plus sévère en ce qui concerne les interdictions que pour les moines. Il se termine par des règles concernant le culte, les traditions et les coutumes.
- L'Abhidharma qui est un corpus de traités de psychologie bouddhique "corbeille de la doctrine suprême". C'est un ensemble d'exposés synthétiques de différentes questions laissées sans réponses par les deux autres corbeilles qui avaient été à la source de nombreuses sectes, chacune ayant sa propre interprétation des enseignements du Bouddha. Lors du concile de Ceylan vers 35 avant J.C., l'ensemble de ces différents textes fut assemblé et forma la troisième corbeille sans qu'aucun tri ne soit fait entre les différentes écoles. Il comprend sept livres.
La voie
L'enseignement du Bouddha se décompose en deux grand axes qui
sont à la base de toutes les écoles bouddhiques. Ce sont les
Quatre Nobles Vérités (Arya-Satya) et l'octuple sentier
(Ashtangika-Mârga).
- La première vérité
est un diagnostic. Toute existence est duhkha, douleur et insatisfaction
(naissance, mort, non obtention de ce que l'on désire
)
- La
deuxième vérité est la cause. L'origine de toute cette
souffrance est l'avidité, le désir (Trishnâ).
-
La troisième vérité est le pronostic. Il existe un moyen
de supprimer le désir et donc la souffrance (Nirodha).
- La
quatrième vérité est l'ordonnance. Le salut est dans le
suprême détachement. Cet état de détachement total
est obtenu en suivant la voie de l'octuple sentier.
Cet octuple sentier est composé, comme son nom l'indique de huit
étapes appartenant à trois domaines complémentaires, la
conduite éthique (Shilâ), la discipline mentale
(Samâdhi) et la sagesse (Prajnâ). Les huit points se
caractérisent chacun par l'adjectif juste, ou parfait.
- La conduite
éthique englobe la Parole juste, l'Action juste et les Moyens
d'existence justes. Cinq préceptes sont à la base de cette
conduite:
ne pas voler;
ne pas tuer;
ne pas commettre
d'adultère;
ne pas mentir;
ne pas absorber des boissons ou des
drogues enivrantes.
Les moyens d'existence proscrivent les métiers
attentant à la vie (boucher, chasseur
)
- La discipline mentale
est obtenue par la pratique assidue de la méditation. Elle englobe
l'Effort juste, l'Attention juste et la Concentration juste. Cela implique le
développement du bien en soi, la prise de conscience des
activités du corps, de l'esprit et des émotions et l'accession
aux divers stades du recueillement.
- La sagesse englobe la
Compréhension juste et la Pensée juste. Cette
compréhension représente la maîtrise des Quatre Nobles
Vérités et la pensée, la volonté de renoncement, le
tolérance envers tout ce qui vit.
Bouddha couché du Wat Po à Bangkok. |
Un point important de l'enseignement bouddhique est l'impermanence des
choses, tout périssant inéluctablement. La mort n'est qu'un
épisode dans un long cycle de transformations. Ce que l'on nomme
"personne" n'est en fait qu'un assemblage limité dans le temps, un
simple élément d'une chaîne qui se transforme sans fin.
La renaissance des morts dans un autre corps est déterminée par
le karma. Tous les êtres renaissent continuellement et participent
à la ronde infernale des naissances et des morts (samsâra).
Le karma désigne les éléments tels que pensées,
paroles et actes qui participent à la loi de causalité. Les
effets du karma ne se limitent pas à la vie présente mais se
répercutent sur de longues périodes provoquant ainsi des
renaissances favorables ou non. L'état d'esprit d'une personne qui est
sur le point de mourir est très important car il conditionne sa
renaissance. Aussi sa famille, ses amis et des moines sont ils toujours
à son chevet pour l'aider à méditer.
Le but du Bouddhisme est d'enseigner aux êtres sensibles à éteindre graduellement les feux de la haine, de l'illusion et de l'avidité, graines de mauvais karma, pour parvenir au Nirvana , état de complétude infinie.
Bouddha aux serpents du Wat Po à Bangkok. |
Les écoles
Avec le temps et l'expansion géographique, différentes
visions du chemin bouddhique apparaissent. Deux grands courants et un
troisième plus petit coexistent :
I) Hinayana (petit
véhicule), Bouddhisme philosophique. Il domine au Sri Lanka, en
Thaïlande, au Cambodge et au Laos. Son idéal est l'Arhat:
disciple qui parvient à l'illumination grâce à la
méditation sur le Dharma du Bouddha et qui est libéré du
cycle de la réincarnation.
Pagode Shwe Dagon à Rangoon. Les Stupas d'origine indienne, constructions élevées à l'origine pour honorer les saints, sont devenus avec le Bouddhisme des monuments pour abriter les reliques du Bouddha. Lorsque le Bouddhisme a essaimé les moines ont emportés les reliques pour les abriter dans de nouveaux stupas dont le style et le nom changea en fonction du lieu (Dagoba, Chaitya, Pagoda). |
II)Mahayana (grand véhicule), Bouddhisme religieux. Il se
distingue par le concept de la vacuité, par l'idée d'un
éternel Bouddha et par la croyance en la bouddhéité:
l'essence de la religion est virtuellement présente en tout être.
Il domine aujourd'hui en Chine, en Corée, au Japon, au Népal et
au Tibet. Il propose le chemin du Bodhisattva comme accomplissement
suprême. Le Bodhisattva est un être qui choisi de devenir
pleinement illuminé et se consacre à aider les autres êtres
pour parvenir au salut.
Appartenant au Mahayana, existent trois
branches issues du Bouddhisme et d'influences extérieures.
1)
Le Lamaïsme tibétain qui combine le Bon, religion
tibétaine primitive avec ses chamanes, ses esprits, ses rites et
pratiques magiques et le Vajrayana (véhicule de diamant) qui fait
appel aux mudras (gestes symboliques), aux mantras (formules
sacrées) et aux mandalas (diagrammes cosmiques) pour
développer la vie spirituelle.
Quelques signes des mudras : (1) Méditer. (2) Enseigner. (3) Prendre la terre à témoin. (4) Exaucer un voeu. (5) Apporter protection et apaisement. |
2) Les sectes japonaises. Les sectes japonaises sont nombreuses
et variées. Elles sont issues d'un mélange de Bouddhisme et de
Shintoïsme traditionnel. Depuis l'introduction du Bouddhisme par
Shotoktaishi en 621, et sous l'influence de la Chine, l'histoire religieuse au
Japon s'est révélée très riche, aussi de nombreux
mouvements ont été créés:
- La secte
Tendai, fondée en 805 sur un modèle chinois a surtout pour
but d'encourager tout un chacun à devenir un Bouddha.
- La secte
Shingon, fondée en 807, très mystique, est orientée
vers la méditation.
Le Bouddha Amida (Amitâbha) est le Bouddha le plus vénéré au Japon. |
- Les sectes d'Amida sont très différentes du
Bouddhisme traditionnel. Au XIIème siècle le moine
Genku (Hônen) fonda la secte Jôdo, pour qui seul le Bouddha Amida
(Amitâbha) peut obtenir pour une personne le rachat et l'entrée
dans la " terre pure ". Seules les prières adressées à
Amida peuvent l'obtenir, nos propres efforts sont vains. Shinran Shonin fonda
par la suite la secte Shin qui renforce encore cette idée.
-
Nichiren, un moine du XIIIème siècle fonda une
secte qui prit son nom. Il souligna l'importance du Bouddha historique à
titre d'incarnation du Bouddha éternel. L'éveil, dans son cas,
consiste à reconnaître que l'homme, le monde et le Bouddha ne font
qu'un.
- La Sokka Gakkai ou société pour
l'étude des valeurs créatives est la plus importantes des
nouvelles religions du Japon. Elle a vu le jour en 1930 grâce à
Tsunesaburo Magikuchi (1871-1934). Il mit au point une théorie de
l'éducation reposant sur les enseignements du moine Nichiren qui
considérait le fameux Sûtra du Lotus comme la quintessence de la
vérité de Bouddha. Elle observe deux grands rituels. Le premier
concerne le culte d'un mandala qui sert de support à la
méditation et que l'on dit écrit de la main de Nichiren. Ce
mandala est conservé dans le temple principal de la secte à
Taiseki-ji près du mont Fuji. Le second rituel, l'invocation Daimoku
consiste à psalmodier deux fois par jour devant un autel: "Je salue le
Sûtra du Lotus". Comme d'autres mouvements japonais elle recourt
volontiers à l'art, à la musique, à la danse, à
l'éducation pour délivrer son message. Elle met en avant la
protection de l'environnement et l'instauration de la paix universelle. Ce
mouvement est reconnu dans cent cinquante pays. Elle a fondé en 1964 au
Japon son propre parti politique, le Komeito (parti pour un gouvernement
propre).
Un moine bouddhiste Zen en tenue de travail entretient un jardin composé de sable ratissé. Les lignes et les proportions de ces jardins typiques, favorisent la méditation. |
3)Le Ch'an chinois ou Zen nippon. Son essence réside dans sa prise directe sur l'âme, indépendamment de toute analyse rationnelle et dans sa quête de l'éveil (Satori). L'illumination est favorisée par la pratique du Zazen (méditation assise) et l'utilisation de Koans (questions déconcertantes pour la logique, par exemple : Quel bruit fait une seule main qui applaudit ?). Il utilise également des formes d'arts particuliers, la voie du thé, la voie des fleurs, la calligraphie, la peinture, la poésie, l'arc
Un résumé des différents courants du Bouddhisme. |
III) Le Tantrisme (véhicule de diamant). La voie du Tantrisme ou vajrayâna naquit au VIème siècle, se fonde sur des textes appelés tantra et a recourt à la méditation, au rituel, au symbolisme et à la magie. Les pratiquants estiment que les tantra sont un bon moyen d'atteindre la nature de bouddha. Le Tantrisme cherche à établir un lien continu entre tous les états de l'humanité, purs et aussi impurs. Ainsi les oppositions entre sentiments sont dissoutes dans la compréhension de leur nature indifférenciée en les dépouillant de ce qui semble être leurs caractéristiques propres. Dans le vajrayâna cinq dhyâni-buddha ou bouddhas transcendantaux sont les principaux supports de méditation: Akshobhya, Amitâbha, Amogasiddhi, Ratnasambhava et Varochana. Les bouddhistes tantriques considèrent chacun d'eux comme une manifestation spécifique de l'essence de Bouddha. Les pratiquants apprennent à visualiser ces aspects de la nature du Bouddha et à s'y identifier en utilisant la récitation de mantra et la méditation sur le mandala de la déité. Le yoga est également utilisé dans ce but.
Moines Ajari bénissant des fidèles. |
Les chemins du Bouddhisme peuvent être très divers. Ainsi au Japon, un groupe de moines Tendaï, les Ajari, se soumet depuis le VIIIème siècle à un entrainement rituel, la marche des mille jours. Durant cette période, les moines, en tenue blanche avec un chapeau semblable à une pirogue renversée et des sandales de paille, parcourent en courant la ville de Kyoto et ses alentours. Ce périple initiatique est rythmé par un mantra sanscrit récité en silence. Au 700ème jour le moine doit respecter une retraite de neuf jours sans manger, ni boire, ni dormir appelée "la mort vivante". On ne devient Ajari, du sanscrit Acharya "maître spirituel" qu'après ce périple de plus de trente mille kilomètres.
Les paroles
Paroles du Bouddha
Le Bouddha enseignant à ses disciples. VIIème-VIIIème siècle, grotte de Magao, Chine |
"Celui qui après avoir été négligent,
devient vigilant, illumine la terre comme la lune émergeant des
nuages."
"Soyez votre propre lampe, votre île, votre refuge. Ne
voyez pas de refuge hors de vous même."
"Ne croyez rien qui
relève de la seule autorité de vos maîtres ou des
prêtres. Après enquête, croyez ce que vous avez
expérimenté et ce qui s'avère bon pour vous et pour les
autres."
"Ne t'occupe ni des fautes, ni des errements des autres, ni
de ce qu'ils ont commis ou omis de faire. Regarde ton propre coeur, observe ce
que tu as toi même commis ou omis."
"Le monde est aveugle. Rares
sont ceux qui voient. L'esprit est difficile à maîtriser et
instable. Il court où il veut. Il est bon de le dominer. L'esprit
dompté assure le bonheur."
"Il n'est rien de constant,
excepté le changement."
Paroles du Dalaï-Lama
Le 14ème Dalaï-Lama (Teuzin Gyatso) lors d'une cérémonie. |
"Ayez de la compassion pour tous les êtres vivants et prenez le temps de vous arrêter près d'eux s'ils ont besoin d'eau, que ce soit celle qui fait vivre le corps ou celle qui régénère l'âme."
Paroles du Koan Zen
"Quel était votre visage avant la naissance de vos parents
?"
"L'homme regarde la fleur, la fleur sourit."
"Comme dans
un miroir: vous n'êtes pas le reflet mais le reflet est vous."
Paroles de Maître Dôgen
"S'oublier soi-même, c'est être reconnu par le cosmos tout entier."
Sutra de la Grande Sagesse
"Le vide crée le phénomène.
Le
phénomène crée le vide.
Il faut voir au-delà de
la dualité.
Au delà du par-delà..."
Glossaire
Abhidharma: Comprend 7 livres fait d'exposés
synthétiques de différentes questions laissées sans
réponse par les 2 autres corbeilles (Sûtra et Vinaya). Il
renseigne sur l'état des sciences dans tous les domaines.
Amida: Nom japonais du Bouddha Amitâbha. Son culte fut
importé de Chine dès le VIIème siècle.
La foi en Amida doit donner accès à un paradis "la terre pure"
("le pays pur").
Anguttaranikâya: Quatrième
partie des Sûtras qui essaie de systématiser la doctrine
bouddhique.
Arhat: Le "sage". Pour devenir arhat, il faut
parvenir au seuil du nirvana en suivant l'enseignement d'un Bouddha.
Arya-Satya: Ce sont les Quatre Nobles Vérités, l'un des
deux axes majeurs de l'enseignement du Bouddhisme.
Ashoka:
Empereur indien (-273, -237) de la dynastie des Maurya dans le Bihar.
Après un début de règne placé sous le signe de la
force il se fit disciple de Bouddha et apôtre de la non violence. Il
envoya des missionnaires en Asie du sud-est et dans l'ouest et convoqua le
concile Bouddhique en -253.
Ashtangika-Mârga: L'octuple
sentier, l'un des deux axes majeurs de l'enseignement du Bouddhisme.
Bodhisattva: Etre d'amour qui met en jeu son propre devenir en faisant
vu de ne jouir du Nirvana qu'une fois tous les êtres
libérés.
Bodhisattva Avalokiteçvara. Bronze doré du XVIIIème siècle, monastère de Tanzhesi, Chine. |
Ch'an: Tradition apportée en Chine par le
vénérable Bodhidarma (470-543) 28ème patriarche
depuis le Bouddha Gautama. L'école de méditation Ch'an tenait
pour la transmission de l'illumination "d'esprit à esprit".
Dharma: Support, voie, désigne l'ensemble des enseignements du
Bouddha. Avec une minuscule les dharmas sont la désignation
générale des phénomènes conditionnés.
Dîghanikâya: Première partie des Sûtras
qui explique ce qu'est la recherche bouddhique.
Duhkha:
Littéralement signifie souffrance, l'antithèse de la
libération et de l'illumination. Il s'agit de la première Noble
Vérité, de la constatation que la vie n'est que souffrance.
Hinayana: ou petit véhicule.Méditation sur les trois
joyaux Bouddha, dharma, sangha afin d'atteindre au détachement, à
la destruction de la douleur, au savoir, au nirvâna.
Karma: Ou action. Désigne les éléments tels que
pensées, paroles ou actes participant à la loi de
causalité.
Khuddakanikâya: Cinquième
partie des Sûtras composée de textes illustrant les
Sûtras.
Koan: Questions irrationnelles,
déconcertantes pour la logique dont le but est de briser ou de
contourner les processus mentaux habituels et de les transcender par une
intuition qui rend l'esprit totalement limpide et ouvert. L'école Rinzai
fondée par Eisai (1141-1214) fait appel aux Koans.
Le Dalaï-Lama. |
Lamaïsme: Forme de Bouddhisme qui domine au Tibet et en
Mongolie et dont le prêtre ou moine se nomme lama. Le
14ème Dalaï-lama Teuzin Gyatso né en 1935 est le
chef politique et spirituel du Bouddhisme tibétain.
Majjhimanikâya: Deuxième partie des Sûtras
composée de discours du Bouddha et d'un certain nombre
d'incantations.
Mahayana: ou grand véhicule. Courant
influent du Bouddhisme de l'Inde qui connaît une grande diffusion en Asie
du nord et de l'est et qui est aujourd'hui encore la forme la plus
répandue. Le chemin de Bodhisattva est au centre du
Mahâyâna.
Mandala: Littéralement "arc en
ciel". C'est un symbole imagé utilisé dans la méditation
comme un diagramme cosmique.
Temple de Borobudur sur l'île de Java en Indonésie. Datant du IXème siècle, ce temple a une forme de Mandala. |
Mantra: Littéralement "outil pour la pensée". Il
peut consister en un simple son comme "Aum" ou une phrase très
brève ou un fragment de texte sacré. Cette formule
répétée inlassablement provoque dans l'esprit un
état de vide propre à la réceptivité.
Mûdra: La gestuelle Bouddhique est une composante importante de
l'enseignement. Le maître est représenté avec une position
des doigts particulière qui visualise un moment de la pratique
religieuse.
Vitarka: signe d'argumentation. |
Nichiren: Moine bouddhiste du XIIIème
siècle qui fonda une secte qui prit son nom. Il considère
l'éveil comme étant la reconnaissance que l'homme, le monde et le
Bouddha ne font qu'un.
Nirodha: Littéralement "la
cessation". Il s'agit de la troisième Noble Vérité, il
existe un moyen de supprimer le désir et donc la souffrance.
Nirvana: Libération définitive de l'ignorance, du
désir et de la répulsion. Etat de complétude infinie.
Pali: Dialecte du moyen indo-aryen proche du maghadi, la langue
probablement parlée par Gautama.
Prajnâ: La
sagesse. Prise de conscience directe de la réalité des choses qui
équivaut à l'illumination.
Samâdhi: La
concentration. Développement et utilisation des facultés mentales
au travers de la méditation.
Samyuttanikâya:
Troisième partie des Sûtras où l'on retrouve le premier
discours du Bouddha près de Bénarès.
Samsâra: Cycle des existences conditionnées.
Sangha: La communauté bouddhique des êtres
éveillés et la communauté terrestre des moines et des
nonnes.
Satori: Quête de l'éveil dans le
Bouddhisme Zen.
Sokka Gakkai: Secte japonaise fondée en
1930 par Tsunesaburo Magikuchi. Elle repose sur les enseignements du moine
Nichiren qui sont orientés autour du Sûtra du Lotus. Elle met
l'accent sur le devoir et la moralité.
Shîla:
Moralité. Respect des préceptes fondamentaux de la conduite
morale Bouddhique.
Sûtra: Textes bouddhiques
sacrés oraux ou écrits que l'on considère comme la parole
du Bouddha (littéralement "fil" de la pensée). Ce sont des textes
fondamentaux sur le plan de la loi et de la pratique. On leur prête des
pouvoirs magiques et ceux qui les prônent et les disséminent
accumulent un grand mérite.
Manuscrit du XIIème siècle des Sutra de la perfection et de la sagesse. |
Theravada: Doctrine des anciens. Elle est
considérée comme une forme conservatrice similaire à celle
enseignée par le Bouddha lui-même.
Tripitaka:
Trois corbeilles comprenant les Sûtras, le Vinaya et l'Abhidharma.
Trishnâ: Signifie littéralement la soif. Il s'agit de
la deuxième Noble Vérité, de la cause de la souffrance qui
est l'avidité, le désir.
Vajrayama:
Véhicule de diamant fondé sur des textes
ésotériques nommés Tantra ("systèmes
cohérents" de méditation). Le Vajrayama importé de l'Inde
fait appel aux Mûdras, aux Mantras et aux Mandalas pour développer
la vie spirituelle. Il est concentré au Tibet depuis le
VIIIème siècle.
Vinaya: Les
règles de vie monastique auxquelles obéissent les moines et les
nonnes et qui constituent la charte du Sangha.
Zazen: Pratique
de méditation assise dont le mouvement s'implante au japon avec le
courant Sôto fonde par Dôgen (1200-1253) grand maître et
l'une des figures religieuses les plus importante du japon.
Zen: Le mot Zen provient du mot chinois Ch'an qui est lui-même
dérivé du mot jhana, en pali, et désigne l'absorption du
méditant. Les origines du Zen remontent au moine indien Bodhidharma qui
de 470 à 520 diffuse la tradition en Chine. Deux écoles naquirent
le Zen Rinzai (voir Koân) et Zen Sôto (Voir Zazen).